Le questionnaire demandait quelle expérience les répondants avaient de l’intégration de l’apprentissage électronique dans les dispositions d’une convention collective. A peine plus de 12 % ont indiqué avoir fait une telle expérience à titre soit de fonctionnaire syndical à plein temps, soit de représentant syndical. 16 % ont déclaré avoir fait cette expérience dans une entreprise publique, et le même pourcentage dans une entreprise privée.
La question sur l’avis des apprenants quant à la qualité du e-learning a suscité 58 réponses. Plus de 50 % des répondants ont déclaré que les apprenants la trouvaient bonne (48,3 %) ou excellente (8,6 %), et 5,2 % qu’ils la trouvaient moins bonne que la formation en salle de classe. 22,4 % ne pratiquaient pas le e-learning .
Les questions suivantes portaient sur certains des facteurs favorisant ou entravant l’intégration de l’apprentissage électronique dans les conventions sur la formation.
L’opinion des répondants sur l’intégration du e-learning dans leur propre organisation, ainsi que dans d’autres organisations
Interrogés sur le potentiel de réussite de l’intégration de l’apprentissage électronique dans leur propre organisation, 28,4 % des répondants ont déclaré qu’à leur avis elle pourrait s’effectuer facilement. Un nombre un peu plus important, 29,6 %, estiment qu’elle sera difficile en raison du caractère expérimental de l’apprentissage électronique, tandis que 16 % soulignent la difficulté d’enregistrer le temps consacré à l’apprentissage électronique. 11 % pensent qu’il sera difficile de s’entendre sur un processus de reconnaissance du temps et des efforts consacrés à l’apprentissage électronique, 12 % seulement considèrent qu’assurer l’accès ouvert à tous les travailleurs représente une difficulté. Pour 10 %, il est trop tôt pour juger si l’apprentissage électronique pourra être intégré dans la formation dans leur propre organisation, mais 2,5 % seulement pensent qu’il est peu probable que l’on parvienne à un accord sur l’apprentissage électronique dans leur organisation.
Les résultats sont similaires en ce qui concerne l’avis des répondants sur l’intégration de l’apprentissage électronique dans d’autres secteurs/branches, organisations et industries. On constate deux différences significatives. Alors que 28,4 % considèrent qu’il sera facile de parvenir à l’intégration de l’apprentissage électronique dans leur propre organisation, 16 % seulement pensent qu’il en sera de même dans leur branche/secteur et 11,1 % seulement dans d’autres industries. L’autre différence significative concerne la difficulté d’assurer l’accès ouvert à tous les travailleurs: 1,2 % considèrent qu’il s’agit là d’un obstacle dans leur propre organisation, mais 12,3 % dans d’autres secteurs/industries. Les résultats d’ensemble de l’enquête montrent que l’on est sans doute fondé à conclure que ces répondants se considèrent eux-mêmes et leur propre organisation comme des utilisateurs précoces, l’accès ne constituant guère un problème pour eux, mais demeurant ailleurs un obstacle.
C’est en formulant librement leurs observations que de nombreux répondants ont répondu à la question sur les principaux obstacles à l’intégration de l’apprentissage électronique dans les dispositions des conventions collectives relatives à la formation.
Le principal obstacle est d’ordre culturel: la résistance au changement. Seules deux réponses l’imputaient à la résistance au sein des syndicats, la plupart faisant référence à l’ensemble du domaine de la formation. Dix commentaires peuvent être classés dans la rubrique «résistance au changement»:
«vieilles routines», «attitudes désuètes», «tradition», «résistance à la mise en œuvre de nouvelles idées»,
quatre autres font état d’une attitude de circonspection:
«on ne dispose pas encore d’une expérience suffisante de l’apprentissage électronique», «une formule encore nouvelle, dont l’intérêt suscite donc des doutes»
Dans un ordre d’idées proche, huit commentaires se basaient sur une opinion plus générale du faible engagement des employeurs en faveur de la formation et du faible volume de la formation dispensée. Huit autres encore faisaient état de l’absence de compétences et de connaissances des formateurs pour développer l’apprentissage électronique et l’intégrer dans les dispositifs de formation:
«Le manque d’expérience des formateurs pour intégrer ce type nouveau de formation et leur résistance à tout ce qui est “nouveau”»
Cinq commentaires portaient sur des questions liées à la qualité et à la disponibilité de contenus pertinents.
Il est intéressant de constater que trois réponses seulement faisaient état des coûts et une seule de l’ envergure de l’apprentissage électronique – deux éléments souvent cités comme constituant des obstacles importants à l’adoption de l’apprentissage électronique.
Le principal obstacle est d’ordre culturel: la «résistance au changement»
De nombreux répondants considèrent que l’absence de compétences et de connaissances des formateurs pour développer le e-learning et l’intégrer dans les dispositifs de formation constitue un obstacle à son adoption
Résumé
L’enquête montre chez les personnes travaillant dans et avec les syndicats des expériences très diverses. Le nombre de réponses en provenance des syndicats, des organisations ou des chercheurs travaillant directement dans ce domaine (un tiers des répondants) était décevant.
Richard Freeman, Professeur d’économie à l’Université de Harvard et au Centre for Economic Performance de la London School of Economics
http://cep.lse.ac.uk/ et son associé Wayne Diamond, ont suggéré qu’Internet pourrait devenir un vecteur de progression stratégique pour les syndicats. Le séminaire récemment mené à Londres par la confédération syndicale TUC
http://www.tuc.org.uk/index.cfm témoigne lui aussi de l’intérêt grandissant que les syndicats portent à Internet. Il serait utile d’être informé par les participants à ce séminaire des discussions et présentations relatives au rôle d’Internet dans l’éducation et la formation et à l’intégration de l’apprentissage électronique dans les dispositifs de formation. Si vous disposez ou si vous savez qui dispose d’informations à ce sujet, veuillez poster vos commentaires sur notre
forum et faire bénéficier les autres de ces informations. Il serait également utile que des adhérents et salariés des syndicats de pays européens nous fassent part de leurs expériences en matière d’apprentissage électronique.
Nous suggérons que cette enquête soit répétée au cours des 12 mois à venir et qu’un effort marqué soit consenti pour contacter davantage de syndicats et d’organisations voisines en vue de les faire participer à l’enquête. Nous vous prions de nous communiquer les adresses électroniques de syndicats ou d’organisations voisines pour que nous puissions les contacter, les mettre au courant du rapport et leur demander de participer à une deuxième enquête. Nous devons aussi nous demander pourquoi la participation de ce groupe cible à l’enquête a été aussi décevante. Le nombre de sites web de syndicats dans le monde entier étant estimé à 2700, il est difficile de croire que si peu s’intéressent à l’apprentissage électronique. Une participation aussi faible reflète-t-elle le manque de propension à participer à une collecte d’informations menée de cette manière? Sommes-nous incapables de les toucher ou bien n’y sommes-nous pas parvenus? Cela ne les intéresse-t-il pas? Le web est-il un obstacle à la prise de contact? Nous aimerions recevoir vos observations sur ce thème; veuillez vous joindre à nous au
forum pour discuter cette question, ainsi que les résultats de l’enquête.
Une enquête de ce type vise, plutôt qu’à fournir des réponses définitives, à explorer des questions, que nous cherchons alors à discuter plus en profondeur grâce au
forum. Parfois les résultats apparaissent contradictoires, comme par exemple dans le premier volet de l’enquête. Les répondants travaillant directement dans/avec des syndicats se disent préoccupés par l’accès à la technologie aussi souvent que par d’autres aspects tels que les compétences informatiques des utilisateurs, les compétences des formateurs, la résistance au changement des attitudes. Dans le deuxième volet, qui s’adressait aux répondants d’une plus large audience, y compris de nombreuses personnes ne participant pas directement à la formation syndicale, 1,2 % seulement estiment que la difficulté d’assurer l’accès ouvert à tous les travailleurs représente un obstacle au succès de l’intégration de l’apprentissage électronique dans leur organisation.
Cette étude a été conçue et menée par
Jane Massy et
Eva Smirli for the ETV.